La loi sur le réforme des pensions est profondément discriminatoire
En raison de l'exposé ci-dessous, nous demandons l'intégration de la profession de sapeur-pompier à l'article 88 de la loi 28 décembre 2011.
Les règles constitutionnelles de l'égalité des Belges devant la loi et de la non-discrimination n'excluent pas qu'une différence de traitement soit établie entre certaines catégories de personnes pour autant que le critère de différenciation soit susceptible de justification objective et raisonnable, ce qui en l'occurrence, n'est actuellement pas le cas de la loi du 28 décembre 2011.
Les pompiers sont discriminés, en ce que concerne entre autres l'âge de la retraite, vis-à-vis du personnel roulant de la SNCB, des membres de la police intégrée et des militaires.
Aux vues des justifications qui ont poussé la majorité à prévoir des dérogations pour les militaires, les membres du personnel roulant de la SNCB et pour les membres de la police (« organismes responsables de la sécurité »), si il ne s'agit nullement de remettre en cause ces quelques rares dérogations il n’y a en effet aucune raison à ce que les pompiers ne disposent pas, eux aussi, d’une telle dérogation.
On peut accepter que le but de la loi du 28 décembre 2011 est de garantir que l'âge de la retraite des professions importante pour la sécurité ne sera pas modifié. Seulement, voilà, toute les professions importante pour la sécurité ne sont pas visées par cette loi, et, entre autres les Pompiers.
L'article 23 de la constitution stipule que : Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
Ces droits comprennent notamment :
1° le droit au travail et au libre choix d'une activité professionnelle dans le cadre d'une politique générale de l'emploi, visant entre autres à assurer un niveau d'emploi aussi stable et élevé que possible, le droit à des conditions de travail et à une rémunération équitables, ainsi que le droit d'information, de consultation et de négociation collective;
On peut aisément remplacer " Profession importante pour la sécurité" par "profession lourde", "profession dangereuse", "profession à risque', etc..
Les quatre catégories de personnes citées plus haut (Conducteurs de train, policiers, militaires et les pompiers) exercent une lourde profession. Pourtant seul les trois premiers voient l'âge de leur pension inchangée. Pour les pompiers elle est augmentée.
Cette différence de traitement n'est nulle part argumentée si ce n’est dans une réponse écrite de Monsieur Van Quickenborne à une remarque du Conseil d’Etat relative à l’article 88 :
Dans son avis n° 50.742/1/2 du 20-12-2011, le Conseil d’Etat indique à propos du futur article 88 :
L’article 4, alinéa 2, précise que l’alinéa 1er ne porte pas préjudice aux âges préférentiels de mise à la pension prévus pour le personnel roulant de la SNCB Holding, pour la police intégrée et pour les militaires. Le commentaire de l’article mentionne que ces catégories de personnel “ne sont actuellement pas visées par les mesures de relèvement de l’âge de la pension et de la durée de la carrière”. Il y a lieu de justifier cette différence de traitement au regard des articles 10 et 11 de la Constitution.
(DOC 53 1952/013 – pages 8 et 9)
La réponse écrite du ministre des Pensions au Parlement quant à cette observation du Conseil d’Etat fut :
La raison pour laquelle la police et les militaires sont actuellement exclus de cette réforme réside dans le fait que ces organes assurent des missions de sécurité et qu’ils ont subi très récemment — respectivement en 2001 et en 2007 — des réformes approfondies. Ces réformes étaient assorties de mesures transitoires qui sont encore actuellement en vigueur et peuvent difficilement être remises en cause.
Il serait peut-être bon de rappeler à Monsieur Van Quickenborne que les pompiers assurent aussi des missions de sécurité et nous en voulons comme preuve, le titre de la loi relative à notre profession : 15 MAI 2007. - Loi relative à la sécurité civile
Argumentation:
On peut difficilement imaginer des pompiers âgés de plus de soixante ans continuer à jouer un rôle actif dans le cadre d’interventions parfois périlleuses et souvent lourdes physiquement ou psychologiquement, sans mettre en péril leur sécurité ou celle d’autrui. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter le rapport au Roi relatif à l’arrêt relatif au congé préalable à la pension que peuvent prendre les pompiers. Ce rapport met, en effet, en exergue :
- « que les agents opératifs des services d'incendie sont confrontés à des tâches physiques dures qui, à partir d'un certain âge, comportent des risques, car la condition physique de ces agents est telle qu'elle ne leur permet plus d'assurer ces tâches de manière aussi efficace, sûre et rapide que leurs collègues plus jeunes »;
- « que ces agents doivent fournir des prestations spécifiques, par lesquelles ils sont exposés à des températures extrêmes, des substances dangereuses et au bruit; que ces prestations lourdes et dangereuses soumettent le système cardio-vasculaire des sapeurs-pompiers à dure épreuve »;
- « que ces risques peuvent mettre en péril le caractère opérationnel et la qualité des interventions des services d'incendie, ce qui, compte tenu de leur caractère de sécurité et de la protection à assurer à la population et aux biens, doit absolument être évité »;
- « que cette situation comporte des risques tant pour les agents plus âgés en question, que pour leurs plus jeunes collègues avec lesquels ils doivent exécuter ces tâches »;
- « qu'il existe peu de possibilités de confier des tâches administratives à ces agents plus âgés, étant donné, entre autres, qu'il y a peu d'emplois vacants, et que les agents en question ne peuvent, pour ce faire, se prévaloir des qualifications nécessaires ».
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile (France)
Article 67 .La présente loi reconnaît le caractère dangereux du métier et des missions exercés par les sapeurs-pompiers.
Personnel de la S.N.C.B.- Holding : 38.000 agents
Le personnel roulant de la SNCB, soit les accompagnateurs et conducteurs de train, pourra toujours accéder à la prépension dès l’âge de 55 ans, même après la réforme des pensions, a indiqué lundi soir le ministre compétent, Vincent Van Quickenborne (Open Vld).
Que fait l’accompagnateur de train?
L’accompagnateur de train assure trois tâches principales : il veille à la sécurité des voyageurs et à celle de la circulation du train, il donne à tout moment les informations qui lui sont demandées et il régularise les voyageurs qui se trouvent dans le train.
En début de carrière, l’accompagnateur de train gagne entre 1300 et 1600€/mois net (Pompier à Bruxelles: 1.430 net en début de carrière) . Le salaire de l’accompagnateur de train varie selon les divers primes liées à ses prestations (travail de nuit, travail durant les jours fériés,…)
Conducteur de train
Un conducteur de train débutant et isolé gagne environ 1.530 euros par mois (net) net (Pompier à Bruxelles: 1.430 net en début de carrière) . Après 4 ans, ce montant est majoré et atteint 1.642 euros par mois. Outre le traitement, vous percevez également des primes de productivité et des chèques-repas d’une valeur de 5,50 euros. Vous avez droit à une allocation pour le travail de nuit, du samedi et du dimanche. Enfin, vous recevez également une prime annuelle et un pécule de vacances.
Au 1er janvier 2011, le nombre de conducteurs de train s’élevait à 3 535 agents.
Au 1er octobre 2009, le nombre accompagnateurs de train s’élevait à 3.015 agents.
Total des agents du personnel de la SNCB qui ne sont pas concernés par la réforme des pensions : +/- 6.550 agents
Personnel de l' armée belge en 2009: 26 400 hommes dans l’armée de terre, 8 600 dans l’aviation, 2 400 dans la marine et 2 000 au service médical, soit un total de 39 400 hommes.
Un peu plus de 1.000 militaires belges sont à l'étranger. Les autres ne sont donc pas tous en mission opérationnelle.
Le salaire reste très attractif : 1757,84 € bruts pour une personne n’ayant que son diplôme d’école primaire en poche et 1788,84 € après deux années de service.
Salaire net d'un soldat ou matelot: 1.358 €
Dernier militaire belge décédé en mission, le 03 septembre 2008 en neutralisant des sous minutions.
Personnel de la police: +/- 40.000 hommes
Les agents et inspecteurs du cadre de base atteignent un salaire de 1.171,81 euros à 1.347,60 euros en formation et de 1.201,06 euros à 1.386,81 euros en début de carrière pour atteindre, après 12 ans, entre 1.445,91 euros et 1.637,92 euros.
Pour les inspecteurs principaux du cadre moyen, le salaire varie entre 1.387,91 euros et 1.575,26 euros en formation. Une fois celle-ci terminée, il passe de 1.404,89 euros à 1.592,24 euros. Après 12 ans, il atteint un salaire de 1.669,07 euros à 1.876,71 euros.
Personnel professionnel des Services d'Incendie: 5.000
Salaire d'un Pompier à Bruxelles: 1.430 net en début de carrière
Un pompier est une personne entraînée à combattre le feu, les inondations et à offrir une gamme de secours de diverses natures. Sa mission principale est de protéger les personnes, les biens et l'environnement.
Les pompiers peuvent être appelés à intervenir dans de nombreux environnements ou lieux de travail. Il est impossible de prévoir tous les risques auxquels les pompiers peuvent être exposés.
Madame Scandella Fabienne de l’ETUI (European Trade Union Institut) développe une étude sur le métier et la santé des sapeurs-pompiers, dont voici quelques extraits.
Voici les principales fonctions d'un pompier
- Intervenir en cas d'incendies, d'accidents (routiers, industriels, aériens, etc.), d'effondrements de bâtiment, de catastrophes naturelles (tornades, inondations, p. ex.), etc.
- Porter secours à des victimes.
- Combattre des incendies au moyen de divers équipements et méthodes (haches, eau, extincteurs chimiques, échelles, véhicules, bateaux, etc.).
- Employer des méthodes de premiers soins appropriées.
- Éduquer le public en matière de sécurité.
Des équipes spécialisées peuvent être constituées pour neutraliser des matières dangereuses particulières.
Quels sont quelques-uns des risques pour la santé et la sécurité des pompiers?
1/ Les risques associés à la chaleur
Il y a deux types de risques majeurs associés à la chaleur dégagée par un incendie. D’une part,
la chaleur qui se développe lors d’un incendie en volume clos ou semi-ouvert peut donner lieu à des phénomènes thermiques particulièrement dangereux pour les pompiers. D’autre part, indépendamment de ces phénomènes particuliers, le travail dans un environnement caractérisé par des températures élevées représente un risque important pour la santé et la sécurité des pompiers. Des troubles spécifiques, de gravité variable, lui sont associés.
Les phénomènes thermiques
Deux phénomènes thermiques sont particulièrement dangereux pour les pompiers.
Le premier phénomène est connu sous le nom de backdraft. Il s’agit d’une explosion des fumées. Ces dernières ont entre autres propriétés d’être inflammables et explosives.
Caractérisé par une explosion, le backdraft est donc accompagné d’une onde de choc et de chaleur. Les personnes exposées sont susceptibles de présenter un ensemble de lésions organiques connues sous le nom de "blast".
Le second phénomène thermique est connu sous le nom de flashover. Il s’agit d’un "embrasement généralisé éclair". Celui-ci correspond à un embrasement presque instantané des fumées combustibles à la suite d’une accumulation de celles-ci au plafond d’une pièce dont la ventilation est à la limite de la suffisance.
L’exposition à un flashover est le plus souvent fatale, car le phénomène entraîne uneaugmentation brutale de la température, qui dépasse les 1.000 degrés Celsius.
Contraintes thermiques : les conséquences pour la santé.
On imagine sans mal que la lutte contre l’incendie expose les pompiers à de graves brûlures.
Même l’air et les fumées, lorsqu’ils sont chauffés par un foyer, sont susceptibles, par radiation d’occasionner des lésions de ce type.
2/ Les risques associés aux fumées
Lors d’un incendie, la combustion ou la pyrolysedes matériaux sont généralement accompagnées d’un important dégagement de fumées. Ces fumées sont particulièrement dangereuses pour les victimes autant que pour les pompiers, car elles sont toxiques, radiantes,
opaques, mobiles et inflammables voire explosives.
La toxicité et les radiations thermiques des fumées.
Les fumées issues de la combustion ou de la pyrolyse sont composées de particules solides, de gaz et d’aérosols. Leur composition chimique est fonction des matériaux impliqués dans la combustion, de l’état de cette dernière (combustion complète vs incomplète) ainsi que de la concentration en oxygène (Brandt-Rauf et al. 1988 : 606).
Les fumées libérées lors d’incendies d’habitations peuvent contenir pas moins de 200 gaz toxiques. Les plus courants sont le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de carbone
(CO2), le chlorure d’hydrogène (HCl), l’acide cyanhydrique (HCN), les oxydes d’azote (NOx), ainsi que les particules de suie. Il n’est pas rare non plus de se trouver en présence de benzène, de toluène, de dioxyde de soufre (SO2), d’aldéhydes, d’acroléine, de trichloréthylène, etc
Les effets de l’exposition à certaines substances peuvent être différés dans le temps, car certaines maladies, telles que les cancers, sont caractérisées par un long temps de latence.
3/ Les risques physiques
Lors d’une intervention de lutte contre l’incendie, les pompiers sont exposés à de nombreux risques physiques ou structurels.
Tout d’abord, la progression dans un espace dont le périmètre, l’encombrement et les dénivelés sont dissimulés par l’opacité des fumées est propice aux chutes, aux glissades et aux heurts avec des objets.
Ensuite, l’incendie d’une structure (maison, hangar, etc.) augmente le risque d’effondrement, car la combustion des matériaux ou leur exposition prolongée à la chaleur modifient et détériorent leur résistance.
Enfin, l’intervention de lutte contre l’incendie comporte des risques liés aux sources d’énergie qui alimentent la structure : électricité, gaz, etc. Ces sources d’énergie font mauvais ménage avec l’eau ou avec le feu. Les risques associés sont importants : électrocution et explosion.
4/ Les risques psychosociaux
Les pompiers doivent affronter des situations dangereuses où les risques sont souvent importants ou inconnus. Être confronté à de graves événements traumatisants (ou aux conséquences de ceux-ci) constitue une autre source de stress. Dans la plupart des services d'intervention en cas d'urgence, à de longues périodes de calme ou d'activités routinières succèdent brusquement de longues périodes de stress ou d'activités intenses.
De plus, la plupart des pompiers travaillent en rotation et selon des horaires de journées prolongées, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur leur santé.
5/ Stress : le cocktail quotidien des pompiers
Les conditions dans lesquelles les pompiers effectuent leur travail sont propices au développement du stress. Plusieurs facteurs de stress peuvent être identifiés, tant au niveau du travail lui-même, qu’au niveau de son organisation. Le caractère d’urgence constitue évidemment un facteur majeur de stress, car il impose une forte contrainte temporelle. Aux contraintes temporelles, s’ajoutent celles associées à la nature et aux modalités des missions. Des conditions de travail particulièrement exigeantes du point de vue physique, physiologique et émotionnel, la conscience des risques encourus et celle des enjeux sont autant de facteurs susceptibles, de générer du stress chez les intervenants, en particulier lorsqu’ils sont cumulés. Le stress au travail n’épargne donc pas les pompiers (Murphy et al. 1999 : 179-196).
Les manifestations peuvent être d’ordre somatique (troubles cardiaques, hypertension artérielle), psychosomatique ou psychologique (dépression, burn-out). La problématique des addictions à l’alcool et à d’autres substances (anxiolytiques, drogues), que certaines études ont mis en évidence dans les services d’incendie, devrait déboucher sur des actions de prévention.
6/ Le stress post-traumatique
Les pompiers sont rompus aux interventions difficiles. Certains événements sont cependant de nature à briser ce rempart psychologique primordial. C’est souvent le cas lors de sinistres où des vies sont en jeu, plus encore lorsqu’il s’agit de vies d’enfants ou de connaissances, et quand des blessures ou un décès sont à déplorer parmi les intervenants.
Ces drames confrontent les pompiers à un choc émotionnel ou traumatique important qui
est susceptible de provoquer un syndrome de stress post-traumatique.
Ce syndrome est désormais bien documenté (De Soir 1992 : 139-152 ; Bryant et al.
1996 : 51-62). Les symptômes qui lui sont associés sont connus. La gravité des conséquences
qu’il peut avoir sur la santé psychique et physique des travailleurs qui en sont victimes appelle
une prise en charge spécifique.
7/ La violence de tiers à l’encontre des pompiers
Un phénomène relativement nouveau est apparu dans certains pays européens : la violence
de tiers dirigée à l’encontre des pompiers. Elles peuvent également donner lieu à un syndrome de stress post-traumatique.
Y a-t-il des effets à long terme rattachés au métier de pompier?
Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), certaines études ont démontré qu'il existe des effets à long terme pour la santé imputables à l'extinction des incendies. D'autres études ne sont pas parvenues à établir de tels liens. Quoiqu'il en soit, il est primordial d'appliquer des méthodes sécuritaires de travail.
Les pompiers peuvent souffrir de :
- cancers, en particulier du système génito-urinaire (reins, urètre et vessie), mais également de cancer du cerveau et du système lymphatique ou hématopoïétique (sang)
- lésions aux dos et autres foulures
- maladies, comme le SIDA et l'hépatite
- maladies cardio-vasculaires causées par une vaste gamme de produits toxiques présents lors de l'extinction d'un incendie - Par exemple, l'exposition à du monoxyde de carbone est directement liée à la toxicité cardiaque.
D'autres études s'intéressent :
- aux maladies chroniques et pulmonaires, que l'on croit causées en partie par les gaz toxiques générés pendant un incendie, mais également par l'intensité des efforts physiques exigés pendant certaines périodes
- au cancer du poumon, qui pourrait être lié aux conditions du travail de pompier
(Source : Guidotti, T.L., « Les risques de la lutte contre l'incendie », Encyclopédie de la santé et de la sécurité au travail, 3e édition, Bureau international du Travail, Genève, 1998, p. 95.5-95.10)
Lutte contre l’incendie, désincarcération sur les lieux d’un accident de la route, intervention en milieu aquatique, etc. À l’exception des prestations relatives à la prévention, aucune des missions qui incombent aux services incendie ne représente a priori un risque zéro pour la santé et la sécurité des pompiers. Dans son ensemble, l’activité des pompiers, fut-elle exercée à titre professionnel ou à titre volontaire, peut sans hésitation être considérée comme une activité "à risque". Les seuls chiffres de la mortalité en service parlent d’eux-mêmes. En France, entre 1992 et 2002, les services incendie ont déploré une moyenne de vingt décès de pompiers dans l’exercice de leurs fonctions par an (Pourny 2003a : 2). En Grande-Bretagne,
il a été établi à partir des données officielles qu’en moyenne, depuis 1978, chaque trimestre, un pompier a perdu la vie en service (Labour Research Department / Fire Brigade Union 2008b : 21). À ces chiffres dramatiques, il faut encore ajouter ceux des accidents en service et ceux des maladies professionnelles.
Selon un rapport britannique paru en 2008 (Labour Research Department / Fire Brigade Union 2008b : 21), il n’y a aucune raison de présumer que la sécurité et la santé des pompiers se sont améliorées ces dernières années. Ainsi, alors que les interventions de lutte contre l’incendie ont enregistré une nette diminution entre 1996 et 2006, le nombre de décès déplorés dans le cadre de cette mission, pendant la même période, a quant à lui poursuivi une progression à la hausse.
Source: La santé et la sécurité des hommes du feu, Fabienne Scandella, Chargée de recherche, Institut syndical européen (ETUI)
Quelques malheureux exemple ne contredirons certainement pas l'exposé ci-dessus:
Le 18 janvier 2011, Johan Van Ursel, sapeur-pompier à Saint-Nicolas (Flandre Orientale), a été victime d'un accident de la route le 18 janvier alors qu'il rejoignait sa caserne après avoir été appelé pour un incendie.
Le 23 janvier 2011, le pompier, Etienne Manisse, a perdu la vie, dans l’incendie qui a ravagé un dancing jouxtant le complexe cinématographique Imagix, à Mons. Papa d’un jeune enfant, le pompier décédé avait 15 ans d’expérience, il avait 41 ans.
Le 25 janvier 2011, un plongeur de la protection civile de Crisnée, Olivier Drouxhet 39 ans, est décédé en effectuant des recherches pour retrouver les deux fillettes disparues le 16 janvier dans la Meuse. Un autre plongeur a tenté de le secourir, mais en vain.
Le 29 août 2011, restera marqué dans les mémoires des pompiers de Jodoigne : un des leurs a perdu la vie en service, alors qu’il luttait contre un violent incendie. Nicolas Tordoir, 23 ans, a succombé après que le pignon d’une grange de Sart-Mélin s’est écroulé sur lui.
Le 26 novembre 2011,le 1° Sgt. Wouter Vancraeynestest décédé lors d'une intervention sur l'E 17, il avait 31 ans.
Le 1er décembre 2011, à Zoersel, dans la province d'Anvers, un pompier est décédé jeudi soir après avoir effectué une lourde chute, a indiqué vendredi la police locale. Ce quinquagénaire ( 51 ans) était en intervention avec deux collègues au Château de Halle, l'ancienne maison communale de Zoersel.
La mortalité et la morbidité des pompiers :
La littérature épidémiologique sur les pompiers est rare. Quelques études portant sur la
mortalité et la morbidité parmi les "travailleurs du feu" sont toutefois disponibles.
Que sait-on aujourd’hui de la mortalité et de la morbidité des pompiers ? Trois
types de pathologies retiennent tout particulièrement l’attention des épidémiologistes :
les cancers, les pneumopathies et les cardiopathies.
Les cancers
La lutte contre l’incendie serait également associée à la possibilité de développer huit autres types de cancers : le cancer de la peau, le mélanome malin, le cancer du cerveau, celui du rectum, le cancer de la cavité buccale et du pharynx, celui de l’estomac, le cancer du côlon et la leucémie. i
D’autres études évoquent encore un risque significatif, imputable à l’activité, de cancer du rein, de l’urètre et de la vessie (Guidotti 2002 : 95.7). En 2008, un groupe d’experts du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a reconnu l’exposition professionnelle occasionnée par le métier de pompier comme "possiblement cancérogène" (Centre international de recherche sur le cancer 2008 : 49-50).
Les pneumopathies
Plusieurs études épidémiologiques suggèrent qu’en conséquence de l’exposition à des substances irritantes durant les interventions de lutte contre l’incendie, les pompiers présentent un risque accru de voir leur fonction pulmonaire diminuer (p. ex. de la capacité ventilatoire) (Musk et al. 1979 : 29-34 ; Brandt-Rauf 1989 : 209-211) et de développer des maladies pulmonaires chroniques (Rosénstock et al. 1990 : 462-465).
Les cardiopathies
Alors que certaines études avaient écarté les cardiopathies des risques du métier de pompier
(Dibbs et al. 1982 : 943-946 ; Guidotti 1995 : 1348-1356), une réévaluation par méta-analyse
de 23 études épidémiologiques portant sur cette pathologie récuse vigoureusement cette
conclusion et affirme au contraire que les pompiers présentent un risque accru de développer une maladie cardiaque (Choi 2000 : 1021-1034). Une étude épidémiologique américaine a mis en évidence que 45 % des décès de pompiers en service seraient dus à une insuffisance coronarienne, un taux bien plus élevé que celui enregistré chez les policiers (22 %) ou toutes professions confondues (15 %).
Les accidents
En sus des pathologies, l’exercice de l’activité de pompier est susceptible d’occasionner
des accidents qui peuvent entraîner une invalidité temporaire, permanente voire le décès.
L’intervention de lutte contre l’incendie peut être à l’origine d’une multitude de lésions, de
gravité variable : brûlures, asphyxie, blessures dues à une chute, au heurt avec un objet ou
à l’effondrement de la structure, désorientation, électrocution, etc. Il n’est guère surprenant
Source: La santé et la sécurité des hommes du feu, Fabienne Scandella, Chargée de recherche, Institut syndical européen (ETUI)
Conclusion :
Être pompier implique de se maintenir à niveau, au risque de mettre en péril la sécurité des usagers ou des collègues. Puis le métier de sapeur-pompier est aussi une question de savoir-faire, les agents improvisent à chaque intervention, plus ou moins, selon la particularité de la mission à accomplir. Il faut savoir adapter les moyens et les hommes aux situations, mais aussi inventer de nouveaux moyens, de nouvelles techniques. On ne peut pas "faire le travail" de pompier, "on est" pompier, c’est un métier.
« En fait, on nous demande de fournir le maximum avec le minimum. Nous sommes les rois du système D. Mais ça, c'est le résultat de quelque chose de très honorable, parce qu’on a toujours dit que les pompiers sont des gens qui savent se débrouiller, ce sont des "hommes”, etc. Mais seulement, la vie a changé, c'est bien de le vivre encore comme ça, mais il y a des choses qui ont évolué. C'est plus possible, parce qu’il faut travailler dans de bonnes conditions aussi. »
Les sondages d’opinion montrent que les pompiers restent en tête des services de proximité les plus appréciés par la population.
Mais d’un autre côté, la connaissance des pompiers n’est généralement que superficielle. Le métier de pompier n’est pas transparent. On ne peut pas en avoir une connaissance suffisamment pertinente en l’observant de l’extérieur. Il est nécessaire de s’y intégrer, d’y vivre, d’y participer, pour en connaître le fonctionnement. C’est au fond un métier peu connu, mais plébiscité sans retenue.
Au vu de l'exposé, ci-dessus, vous comprendrez aisément, que cette loi sur la réforme des pensions, est profondément discriminatoire aux yeux d'une profession qui a déjà payé un lourd tribu dans un combat souvent inégal. Par respect, pour ces hommes et ses femmes, nous ne pouvons pas accepter le fait d'être oubliés, abandonnés, encore une fois méprisés par "les élus du peuple".
Labourdette Eric
Dirigeant responsable du S.L.F.P.-A.L.R.
Caporal au Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente de la Région de Bruxelles-Capitale.
Labourdette.eric@skynet.be
0475/ 86 75 85