jeudi, 29 mars 2018

Déménagement du centre 100/112 du SIAMU

VERTALING ZAL VOLGEN

 

Bruxelles, le 30 mars 2018

 

Madame la Secrétaire d’Etat

Cécile Jodogne

Botanic Building

Boulevard Saint-Lazare 10

 

B-1210 Bruxelles

 

 

Concerne : Déménagement du centre 100/112 du SIAMU

 

 

 

Madame la Secrétaire d’Etat,

 

Suite à la décision du déménagement de notre centre 100/112, le front commun syndical vous informe de son désaccord par rapport à ce déménagement. Pour le front commun syndical, la décision de ce déménagement a été inscrite dans l’accord de formation du Gouvernement. Depuis lors, il y a eu les évènements dramatiques du 22 mars 2016 et les choses en matière de gestion des secours ont changées.

Pour avoir vécu ces évènements en direct, les représentants du front commun sont persuadés que ce déménagement est une très mauvaise idée et empêchera un fonctionnement idéal de notre centrale si, par malheur, un tel drame devait se reproduire. Au sein même de la caserne, les renforts en personnel sont immédiatement disponible ce qui ne sera pas le cas en dehors de la caserne. Nous perdrons ainsi un temps précieux avant que les officiers, sous-officiers et agents nécessaires à un renfort urgent soient disponibles et puissent se concerter et se coordonner rapidement. Ceci pose donc par exemple, la question de l’application de l’aide adéquate la plus rapide (organisation opérationnelle).

 

Notre centre d’appels travaille en étroite collaboration avec le service préparation afin d’échanger des informations sur les évènements prévus et les nouveautés topographiques. Cet échange d’informations est grandement facilité par le fait que le service préparation se situe dans la caserne et au même étage que le centre d’appels.

 

L’antenne du CIRB détachée au SIAMU se situe elle aussi au même étage que le centre d’appels car les échanges entre ces deux services sont de première importance pour le fonctionnement de toute la chaîne de secours et la rapidité des décisions à prendre pour, par exemple, envoyer des renforts en effectif, ou de la nécessité de montée en puissance dans la chaine de commandement.

Le SIAMU met une série de services de support à disposition du centre 100 tels que le service de gestion des ressources humaines, le service rémunération, le service logistique, le service médical, le SIPP, un psychologue du travail, un ergonome, le service social, un restaurant d’entreprise, une salle de sport, des salles de classe et de réunions, une salle de fitness,… Le tout au sein même de la caserne. En cas de problèmes de communication radio, notre technicien radio est sur place pour pallier à ces problèmes qui sont urgent à régler pour la sécurité des intervenants.

 

Le centre 100 de Bruxelles, va voir fortement augmenter sa charge de travail, avec pour corolaire une augmentation du personnel. Une approximation raisonnable serait une augmentation du travail du double par rapport à la charge actuelle.

Ce qui se traduit par 25 tables de prises d’appels et près d’une centaine d’opérateurs. Nous pouvons raisonnablement estimer que 13m² par espace est une norme acceptable (voir accord sectoriel). Le centre d’appels doit disposer à moyen terme (soit dans 5 ans maximum) d’une surface de 375m² pour la salle d’appels uniquement.

La salle d’appels du SIAMU est de 350m² d’un seul tenant (sans piliers de soutien de structure) et avec une possibilité d’agrandissement de 80m² et une hauteur de plafond de 6m. Un bureau de 50m² carré surplombe le centre d’appels permettant une vision d’ensemble sur le centre d’appels. Une salle de formation de 60m² est accessible à tout moment équipé de 3 tables d’exercice.

A la caserne nous disposons d’une zone de repos avec des casiers pour y ranger les effets personnels, une salle de détente de 80m², fauteuils, ordinateurs, 1 cuisine avec table à manger, accès au restaurant d’entreprise et salle de repos permettant une vie sur place 24h/24, 7j/7 avec un moyen de rappel rapide du personnel. Nous avons un parking sécurisé, accessible 24h/24, 7j/7. En cas de rappel, il est impossible de pouvoir compter sur les transport en communs. Nous avons également des places disponibles et une infrastructure de bâtiment pour les personnes à mobilité réduite.

 

Le personnel du centre 100 se sent majoritairement comme partie prenante d’un TOUT SIAMU. Ce personnel fait partie intégrante du traitement de l’alerte et des moyens « adéquats » pour assurer une mission opérationnelle de qualité tout en garantissant un niveau de sécurité du personnel en intervention sur le terrain. Les prestations du SIAMU dans le temps le démontrent.

Le personnel a des contacts fréquents avec les pompiers/ambulanciers ce qui est un plus pour l’exécution de leur travail et la connaissance du terrain. Hors de la caserne, les agents seraient isolés de la chaîne des secours avec comme risque de désinvestissement du personnel et de turn-over accru. De plus, coupée physiquement du SIAMU, la centrale 100 perd également les possibilités de se réunir avec d’autres services dans le cadre des groupes de travail, …

De plus, il ne peut pas y avoir de synergie entre les centres d’appels de la police et de l’aide médicale urgente, car ces deux services sont soumis à des secrets professionnels différents : le secret judiciaire d’une part et le secret médical d’une part. Mettre ces deux services ensemble revient à tenter le diable. C’est également faire peser un poids supplémentaire sur les épaules du personnel face à la question du respect du secret professionnel à leur niveau dans un environnement de travail n’autorisant pas la discrétion.

Notre monde est en perpétuel changement : les évolutions technologiques sont telles qu’on ne les avait pas imaginés il y a 10 ans. Le centre d’appels est directement dépendant de ces évolutions et doit rester up-to-date afin d’offrir un service de qualité. Il faut prévoir les possibilités d’expansion du centre 100 tant en terme d’espace qu’en terme d’augmentation du personnel et, surtout, tenir compte des spécialités et des enseignements de grande ampleur comme par exemple lors des attentats du 22 mars 2016.

Les locaux du SIAMU permettent cette expansion alors que l’espace octroyé par BPS au centre d’appels ne permet pas aujourd’hui de travailler correctement. Le déplacement du centre d’appels du 100 à BPS casse toutes les synergies mises en place par le SIAMU sans apporter de synergie nouvelles !

 

Durant le temps du déménagement, on ne peut éteindre un centre d’appels, déménager tout le matériel, remonter le nouveau centre d’appels et rallumer. Il faut que les deux centres d’appels soient équipés entièrement et testés avant de déménager. Ce qui implique de tout doubler : tout le matériel, toutes les connexions, … et donc de doubler les coûts !

En outre, dans un contexte de terrorisme tel que nous vivons actuellement, il est indispensable de s’organiser afin de protéger au mieux l’organisation des secours ainsi que les communications. Mettre tous les œufs dans le même panier n’est pas une bonne idée. Par contre, la création d’une grande salle où chaque service est représenté 24h/24 permettrait une meilleure communication pour les évènements majeurs qu’ils soient prévus ou non. Le quotidien doit être géré ailleurs.

 

Devant l’inadéquation de ce déménagement à tous les niveaux, le front commun se demande si cette proposition aberrante de déménagement du centre d’appels du SIAMU vers BPS n’est pas une tentative de démantèlement du SIAMU au seul profit des considérations politiques sans aucun respect pour le travail effectué par le SIAMU ni pour la population.

Le front commun demande donc au Gouvernement de revenir sur son accord de formation et le déménagement du centre d’appels 100/112 de Bruxelles à BPS. Cet accord est facilement discutable au vu des évènements qui ont eu lieu après cet accord.

Le front commun syndical demande, avant un éventuel déménagement, le respect de la législation relative au bien-être au travail et l’avis du SIPP de BPS et du SIAMU, l’avis du SEPP de BPS et du SIAMU, l’avis de l’ergonome de BPS et de l’ergonome SIAMU, l’avis du comité de prévention et de protection au travail de BPS et du SIAMU ou du service interne commun pour la prévention et la protection au travail, une analyse des risques relatives au bruit, et le respect du livre III, lieux de travail, titre Ier exigences de base relatives aux lieux de travail. Si cette demande n’est pas entérinée en temps utile, le contrôle du Bien-Etre et les lois sociales pourraient être saisies pour demande d’avis sur les conditions de travail.

 

Le front commun syndical reste persuadé que la Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale fera preuve de bonne gestion dans ce dossier et écoutera les techniciens qui représentent le SIAMU.

Dans le cas contraire, le front commun attendra la preuve du respect de la législation par les autorités responsable de ce déménagement en nous communicant les documents demandés dans le présent courrier.

 

Veuillez agréer, Madame la Secrétaire d’Etat, l’expression de nos salutations syndicales.

 

 

Marc KRAMSKI                    Thierry DAGNELIE                          Eric LABOURDETTE

CGSP-ACOD                                               CSC                                       SLFP-VSOA

 

 

 

 

 

 

Dirk VAN DER OUGSTRAETE

ACV

18:14 Écrit par SLFP | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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